Mode
La mode seconde main, fini les préjugés
Place au style!
Prouver qu’on peut tout trouver seconde main pour exprimer son style : Voilà la mission que s’est donné Lolitta Dandoy en devenant l’ambassadrice de la nouvelle campagne de l’Association des ressourceries et friperies du Québec conçue en collaboration avec Judith Dorais, sa directrice générale, et réalisée avec le soutien financier de RECYC-QUÉBEC.
Par Stéphane Le Duc
Bien au-delà des enjeux environnementaux, l'Association des ressourceries et friperies du Québec rappelle également la portée sociale du mouvement. Le regroupement rassemble plus de 60 membres et représente plus de 400 ressourceries, comme Renaissance, à travers le Québec, dont les activités permettent de financer des missions sociales.
Pour Lolitta Dandoy, l’achat de vêtements de seconde main est devenu bien plus qu’une habitude : c’est un mode de consommation profondément ancré dans son quotidien. Cette relation avec les friperies remonte à l’adolescence, alors qu’à 15 ans, sa mère lui suggère pour la première fois d’y magasiner.

« Je m’en rappelle encore. J’étais allée à reculons, mais j’ai trouvé la pièce que j’espérais. Par la suite, j'y suis retournée. J’ai commencé à comprendre la notion de belles matières et qu’on pouvait trouver des choses extraordinaires. »
Cette découverte s’est transformée en passion
Pour cette campagne éditoriale, l’idéatrice du projet a parcouru le Québec à la recherche de trouvailles inspirantes afin de démontrer que les ressourceries permettent autant d’exprimer sa personnalité que de renouveler sa garde-robe de façon responsable.
Photographiée par Sylvain Blais et stylisée par Randy Smith, la campagne adopte une esthétique maximaliste qui s’éloigne volontairement des clichés souvent associés à la seconde main. L’objectif est clair : démontrer que les vêtements récupérés sont désirables, tendances, contemporains.
Cette approche permet également de déconstruire certains préjugés persistants. Une partie de la population associe encore les friperies à des vêtements sales, odorants ou encore destinés uniquement aux personnes dans le besoin. Lolitta Dandoy confirme qu’on ne prive personne en allant dans une ressourcerie.
Vidéo : Jester Photon
« Les chiffres parlent d’eux-mêmes, car si on arrêtait la production de vêtements neufs aujourd’hui, on pourrait habiller la planète entière pendant plusieurs décennies. »
Si l’achat de seconde main n’est pas encore un réflexe généralisé, la sensibilisation progresse. Les consommateurs s’intéressent de plus en plus aux enjeux liés à la surconsommation textile, faisant de la revente d’articles seconde main une alternative de plus en plus populaire.
Pour Lolitta Dandoy, le discours de l’achat seconde main a longtemps été centré sur l’impact environnemental, une conscientisation importante, mais qui apportait aussi son lot de culpabilisation, même un peu de lassitude. Il est donc essentiel de désormais mettre l’accent sur la désirabilité.
« C’est une campagne qui crée le désir, car le vêtement est un choix émotif. On a envie d’exprimer son style et de porter quelque chose que l’on trouve beau avant tout. Tant mieux si c’est un vêtement de seconde main et si ça aide quelqu’un dans le besoin. Je l’ai toujours dit, c’est la plus belle façon de magasiner. »

